À Malte, les liens avec le terrorisme sont-ils vraiment fondés ?

Posté le 03 octobre par Julien dans Actualité

L’ile de Malte est considérée comme la capitale des jeux d’argent en ligne en Europe. Elle compte en effet une multitude d’opérateurs agréés sur son marché et elle propose un des systèmes fiscaux les plus intéressants. Les conditions pour obtenir une licence sont également parmi les plus souples. Il n’est donc pas étonnant qu’elle se retrouve aujourd’hui au cœur de nombreux questionnements. Moneyval, un organe de suivi du Conseil de l’Europe chargé d’évaluer le respect des normes en termes de lutte contre le blanchiment d’argent, a d’ailleurs ouvert un dossier sur Malte. Celui-ci s’intéresse à plusieurs entreprises basées sur l’ile et spécialisées dans le secteur des banques et des jeux d’argent.

Capitale du jeu et du crime ?

Moneyval a récemment publié un rapport accablant sur la capitale du jeu européen,  Malte. L’ile est suspectée d’être une plateforme pour le terrorisme et le blanchiment d’argent. Selon cet organisme de suivi du Conseil de l’Europe, Malte présente d’importantes lacunes en matière de lutte contre la fraude financière. Il a d’ailleurs établi un lien entre ce laxisme et la réputation de l’ile dans l’industrie des jeux d’argent. Les opérateurs qui souhaitent opérer légalement en Europe ont en effet une préférence pour Malte. Il faut dire que la législation en matière de jeux est particulièrement souple. Les licences sont donc faciles à obtenir. Dans son rapport, Moneyval accuse de nombreux casinotiers basés sur l’ile d’avoir déclaré des transactions suspectes. L’organe a cependant tenu à apporter un début d’explication à cette situation désastreuse à Malte. Selon ses experts, l’ile manque de ressources et de personnel pour traiter correctement les affaires relatives à des infractions financières et à la corruption. Le Conseil de l’Europe a interpellé les autorités locales concernant cette situation. Il est urgent qu’elles prennent des mesures pour renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Dead-line en 2020

Après le rapport accablant de Moneyval, Malte s’est retrouvée dans l’embarras. Le pays doit désormais rendre des comptes, et ce dès 2020. Le Conseil de l’Europe lui suggère notamment d’imposer des sanctions plus dissuasives pour écarter les criminels. Il l’encourage également à multiplier les contrôles pour prévenir les fraudes. Le gouvernement maltais et la Malta Gaming Authority ont du pain sur la planche durant les mois à venir.